Jack KEROUAC, "Le Livre des Haïku" (Extraits)  (Jack KEROUAC) posté le samedi 13 septembre 2008 08:49

 

 

 


Sur la chaise

j'ai décidé de donner au Haïku

Le nom de Pop


******************


L'arbre ressemble

à un chien

Aboyant vers le Ciel


******************


Fille avec un chariot -

que

Sais-je?


******************


Mardi - une goutte

de pluie de plus

Tombée de mon toit


******************


J'ai trouvé mon

chat - une

Étoile silencieuse


******************


Gelée

dans la vasque à oiseaux,

Une feuille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

******************


 75 kilomètres de N.Y

tout seul dans la Nature,

L'écureuil mange


******************


2 représentants de commerce

se croisent

Sur une route de l'Ouest

 

******************


Crépuscule - l'oiseau

sur la clôture

Un de mes contemporains


******************


Inutile ! Inutile !

- la pluie lourde s'enfonce

Dans la mer


******************


La terre m'a fait

un clin d'oeil - au beau

Milieu des toilettes


******************


Dans mon armoire à pharmacie

la mouche d'hiver

Est morte de vieillesse


******************


Claque des doigts,

arrête le monde !

La pluie tombe plus drue


******************


De belles jeunes filles grimpent

les marches de la bibliothèque

En short

 

 

 

******************


Quand la lune aura

atteint le fil électrique,

J'entrerai


******************


Regardant les étoiles,

je me sens triste,

Je fais « tsk, tsk, tsk »


******************


Saoul comme un cochon

j'écris des lettres

Sous l'orage


******************


Et le chat silencieux

assis près du poteau

Perçoit la lune


******************

Ancien ancien monde

- jupes moulantes

Près de la voiture neuve


******************


La première gelée a fait tomber

toutes les feuilles

La nuit dernière - fumée de feuilles


******************


Mémère dit: « Les planètes sont

espacées pour que les gens

Se fichent la paix. »

 

 

******************


Blizzard dans les banlieues

- des vieux conduisent lentement

Vers le magasin 3 rues plus loin


******************


Crépuscule - Le blizzard

dissimule tout,

Même la nuit


******************


Pendant un instant

la lune

A porté des lunettes


******************


Une sorcière jaune mâche

une cigarette,

Ces feuilles d'automne


******************


Pieds nus au bord de la mer,

je m'arrête pour me gratter la cheville

avec l'orteil


******************

Rose Fantôme

La luxure

Est un Léopard


******************


Je bois mon thé

et dis

Mh mh

 

******************


Moi, toi - toi, moi

Tout le monde

- Hi hi

 

 

******************

Les poupées jaunes prosternées

- La pauvre dame

Est morte


******************

lien permanent

Tristan TZARA, in "Dada est Tatou, tout est dada" (Extraits de Vingt-cinq poèmes)  (Tristan TZARA) posté le jeudi 11 septembre 2008 17:55

 

 

 

 

LA GRANDE COMPLAINTE DE MON OBSCURITÉ UN

 

froid tourbillon zigzag de sang

je suis sans âme cascade sans amis et sans talents seigneur

je ne reçois pas régulièrement les lettres de ma mère qui doivent passer par la russie par la norvège et par l'angleterre

les souvenirs en spirales rouges brûlent le cerveau sur les marches de l'amphithéâtre

et comme une réclame lumineuse de mon âme malheur jailli de la sphère

tour de lumière la roue féconde des fourmis bleues

nimbe sécheresse suraiguë des douleurs

 

viens près de moi que la prière ne te gêne pas elle descend dans la terre comme les scaphandres qu'on inventera

alors l'obscurité de fer en vin et sel changera

simplicité paratonnerre de nos plantes prenez garde

les paratonnerres qui se groupent en araignée

ainsi je deviens la couronne d'un christ énorme

pays sans forme arc voltaïque

 

les aigles de neige viendront nourrir le rocher

où l'argile profonde changera en lait

et le lait troublera la nuit les chaînes sonneront

la pluie composera des chaînes

lourdes

formera dans l'espace des roues des rayons

le sceptre au milieu parmi les branches

les vieux journaux les tapisseries

un paralytique

nimbe sécheresse

roue féconde des fourmis bleues

seigneur doigt d'or fourneau sphingerie

pourquoi l'étrangler pourquoi

après le coup de foudre la marche militaire éclatera

mon désespoir tube en fer d'étain mais pourquoi

pourquoi alors?

ainsi ainsi toujours mais le chemin

tu dois être ma pluie mon circuit ma pharmacie nu

mai plânge nu mai plânge veux-tu

 

 

 

ANGE

 

    la couleur se recompose            coule entre les espaces

             les pendus liquides            balance arc-en-ciel

    les vers de lumière dans            là où nos durées sont

                la vapeur visibles

où poussent les clarinettes            femme enceinte de

                                                          satellites

  la sonnerie glisse sous la            boule verte brûlante

                                  barque

     en bas la ville bandages           caresse la plaie

                          de flammes            centrifuge

          serre serre fortement            acides des ventres et

                                                          plante

        le feldspath luit dans la           ange mécanicien

                                   vitesse           moulin à vent

                            en vacance

    mécanicien des

                           nécrologues          tête de nègre

     mise en scène des

                            ménageries          et des amitiés

puis elle jette à la tête

                            de son mari          un bol de vitriol

                                                           allons vers les autres

mééééétéééééooooorooooo-       météorologies

                             looooogües

    le soleil glisse tangente de         glisse auréole

                            l'atmosphère

              patinage dimensions

 

 

 

 BOIS PARLANT OU INTELLIGIBLE SIGNE DE L'ÎLE DE PÂQUES

 

VIOLON LAMPES UNE QUEUE UNE LUMIÈRE BLANCHE TRÈS BLANCHE FUIR SOLEIL ET ÉTOILE ESCARGOT OU POISSONS VOLANTS DANS LA GARE UN PIED HUMAIN SALLE D'ATTENTE DES POTS DIFFÉRENTS EN TERRE CUITE DEUX COUTEAUX UN OISEAU SUR LE POT EN TERRE CUITE L'AXE 4 HOMMES EN POSITION DIFFÉRENTE UNE ÉCHELLE

ICI LA COULEUR

DES POTS À L'EAU EN NOIX UNE BARQUE ET 3 PORCS CHAPEAUX POULES COFFRE-­FORT DE MATELOT CHIEN MANDOLINE DIFFÉRENTS POISSONS LA TORTUE SUR PALMIER BAHUT VIDE UNE MAIN TRÈS GRANDE BLANCHE 28 OBJETS DIFFÉRENTS ET LE LARGE SON DE LA VITESSE EST LEN­TEUR FIXÉE DANS LES CADRES DE L'HORI­ZON SIFFLE SIFFLE BLEU DE L'HOMME VOIS CE PERROQUET SUR LE JET-D'EAU SOLIDI­FIÉ SIFFLE OFFICIER DE MARINE SIFFLE

LES CONTOURS SE MÉLANGENT

SIFFLE DANS LA BLESSURE LA LUMIÈRE GRANDE AUTOMNALE QUI HURLE? HURLE TRANSVERSALEMENT

 

 

 

 

 

 

GARE

 

danse crie casse

roule j'attends sur le banc

tout-de-même quoi? les nerfs sont silences

d'instants coupés

 

lis tranquillement virages

le journal

regarde qui passe?

 

je ne sais pas

si je suis tout seul

la lumière écoute mais de quel

côté et pourquoi

 

le vol d'un oiseau qui brûle

est ma force virile sous la coupole

je cherche asile au fond flamboyant

volant du rubis

 

j'ai donné mon âme

à la pierre blanche

dieu sans réclame

précis et sage

 

ordre en amitié

dire : la douleur du feu

a noirci mes yeux

et je les ai jetés dans la cascade

 

partir

vois mon visage

dans le cercle du soir ou dans la valise

ou dans la cage neige

 

je pars ce soir

l'étincelle pleure

dans mon lit dans l'usine

hurlent les chiens et les jaguars

 

as-tu aussi donné ton âme

à la pierre bracelet

saltimbanque au crâne oblong

mon frère monte

 

je fus honnête

soeur infini

fini pour cette

nuit

 

coeurs des pharmacies plantes

s'ouvrent aux lueurs sphéroïdales

et les liqueurs de la religion c'est vrai

les lions et les clowns

 

 

 

 MOUVEMENT

 

 

gargarisme astronomique

vibre vibre vibre vibre dans la gorge métallique des hauteurs

ton âme est verte est météorologique empereur

et mes oreilles sont des torches végétales

 

écoute écoute écoute j'avale mbampou et ta bonne volonté

prends danse entends viens tourne bois vire ou hou ou hou ou hou

faucon faucon de tes propres images amères

mel o mon ami tu me soulèves le matin à panama

que je sois dieu sans importance ou colibri

ou bien le foetus de ma servante en souffrance

ou bien tailleur explosion couleur loutre

robe de cascade circulaire chevelure intérieure lettre qu'on reçoit à l'hôpital longue très longue lettre

quand tu peignes consciencieusement tes intestins ta chevelure intérieure

tu es pour moi insignifiant comme un faux-passeport

les ramoneurs sont bleus à midi

aboiement de ma dernière clarté se précipite dans le gouffre de médicaments verdis ma chère mon parapluie

tes yeux sont clos les poumons aussi

du jet-d'eau on entend le pipi

les ramoneurs

 

 

 

 

 

 

DROGUERIE-CONSCIENCE

 

de la lampe d'un lys naîtra un si grand prince

que les jets d'eau agrandiront les usines

et la sangsue se transformant en arbre de maladie

je cherche la racine seigneur immobile seigneur immobile

pourquoi alors oui tu apprendras

viens en spirale vers la larme inutile

 

perroquet humide

cactus de lignite gonfle-toi entre les cornes de la vache noire

le perroquet creuse la tour le mannequin saint

dans le coeur il y a un enfant - une lampe

le médecin déclare qu'il ne passera pas la nuit

 

puis il s'en va en lignes courtes et aiguës silence formation siliceuse

 

quand le loup chassé se repose sur le blanc

l'élu chasse ses enfermés

montrant la flore issue de la mort qui sera cause

et le cardinal de france apparaîtra

les trois lys clarté fulgurale vertu électrique

rouge long sec peignant poissons et lettres sous la couleur

le géant le lépreux du paysage

s'immobilise entre deux villes

il a des ruisseaux cadence et les tortues des collines s'accumulent lourdement

il crache du sable pétrit ses poumons de laine s'éclaircir l'âme et le rossignol tourbillonnent dans son rire - tournesol

il veut cueillir l'arc-en-ciel mon coeur est une astérie de papier

à missouri au brésil aux antilles

 

si tu penses si tu es content lecteur tu deviens pour un instant transparent

ton cerveau éponge transparente

et dans cette transparence il y aura une autre transparence plus lointaine

lointaine quand un animal nouveau bleuira dans cette transparence

 

 

 

 

 

 

NOBLESSE GALVANISÉE ANDRÉ BRETON

 

je me stérilise masque lent citron cloche

vautour se couche dans l'air noir et frisé

si je brise le vase fauche les oiseaux d'extase fixe

parmi les fruits la vitesse joue exerce l'incandescence du trident

la chaleur sort s'endort la guirlande des clous

sors petite automobile

asphalte fécondé lourdement

par écriture d'algues et de veines de vampire

et la flèche attire la pluie

ou la guirlande de clowns en été et en tête

monstre de mer aux décorations de fer d'autruche

scies de paquebot chatouillent les os de porcelaine

scène d'ensemble de toutes les sensations en fête

en éventail de verre pour les douceurs exprimables

 

 

DÉFILÉ FICTIF ET FAMILIAL RIBEMONT-DESSAIGNES

 

clgr grtl gzdr

la fatigue

le

pied

verre dans le nerf

une

unie

gazomètre sacerdotal

épilatoire

et

mieux

ci-gît

fait

triple os

n'a

à dada

ibidilivi rizididi

planche

simili

galvanoplastie

ra

ga

ta

ga

ribaldi

course

sifflet d'encre jaune

et gifle

 

 

 

CIRCUIT TOTAL PAR LA LUNE ET PAR LA COULEUR

 

l'oeil de fer en or changera

les boussoles ont fleuri nos tympans

regardez monsieur pour la prière fabuleuse

tropical

sur le violon de la tour eiffel et sonneries d'étoiles

les olives gonflent pac pac et se cristalliseront

symétriquement partout

citron

la pièce de dix sous

les dimanches ont caressé lumineusement dieu dada

danse

partageant les céréales

la pluie

journal

vers le nord

lentement lentement

les papillons de 5 mètres de longueur se cassent

comme les miroirs

comme le vol des fleuves nocturnes grimpent avec le feu vers la voie lactée

les routes de lumière la chevelure des pluies irrégulières

et les kiosques artificiels qui volent veillent dans ton coeur

quand -tu penses je vois

matinal

qui crie

les cellules se dilatent

les ponts s'allongent et se lèvent en air pour crier

autour des pôles magnétiques les rayons se rangent

comme les plumes des paons

boréal

et les cascades voyez-vous ? se rangent dans leur propre lumière

au pôle nord un paon énorme déploiera lentement le soleil

à l'autre pôle on aura la nuit des couleurs qui mangent les serpents

glisse jaune

les cloches

nerveux

pour l'éclaircir les rouges marcheront

quand je demande comment les fosses hurlent

seigneur ma géométrie

lien permanent

Ghérasim LUCA, "Héros-limite" (Extraits)  (Ghérasim LUCA) posté le jeudi 11 septembre 2008 16:41

 

 

 

MA DÉRAISON D'ÊTRE



le désespoir a trois paires de jambes

le désespoir a quatre paires de jambes

quatre paires de jambes aériennes volcaniques absorbantes symétriques

il a cinq paires de jambes cinq paires symétriques

ou six paires de jambes aériennes volcaniques

sept paires de jambes volcaniques

le désespoir a sept et huit paires de jambes volcaniques

huit paires de jambes huit paires de chaussettes

huit fourchettes aériennes absorbées par les jambes

il a neuf fourchettes symétriques à ses neuf paires de jambes

dix paires de jambes absorbées par ses jambes

c'est-à-dire onze paires de jambes absorbantes volcaniques

le désespoir a douze paires de jambes douze paires de jambes

il a treize paires de jambes

le désespoir a quatorze paires de jambes aériennes volcaniques

quinze quinze paires de jambes

le désespoir a seize paires de jambes seize paires de jambes

le désespoir a dix-sept paires de jambes absorbées par les jambes

dix-huit paires de jambes et dix-huit paires de chaussettes

il a dix-huit paires de chaussettes dans les fourchettes de ses jambes

c'est-à-dire dix-neuf paires de jambes

le désespoir a vingt paires de jambes

le désespoir a trente paires de jambes

le désespoir n'a pas de paires de jambes

mais absolument pas de paires de jambes

absolument pas absolument pas de jambes

mais absolument pas de jambes

absolument trois jambes

 

 

 

 

LE RÊVE EN ACTION



la beauté de ton sourire ton sourire

en cristaux les cristaux de velours

le velours de ta voix ta voix et

ton silence ton silence absorbant

absorbant comme la neige la neige

chaude et lente lente est

ta démarche ta démarche diagonale

diagonale soif soir soie et flottante

flottante comme les plaintes les plantes

sont dans ta peau ta peau les

décoiffe elle décoiffe ton parfum

ton parfum est dans ma bouche ta bouche

est une cuisse une cuisse qui s'envole

elle s'envole vers mes dents mes dents

te dévorent je dévore ton absence

ton absence est une cuisse cuisse ou

soulier soulier que j'embrasse

j'embrasse ce soulier je l'embrasse sur

ta bouche car ta bouche est une bouche

elle n'est pas un soulier miroir que j'embrasse

de même que tes jambes de même que

tes jambes de même que tes jambes de

même que tes jambes tes jambes

jambes du soupir soupir

du vertige vertige de ton visage

j'enjambe ton image comme on enjambe

une fenêtre fenêtre de ton être et de

tes mirages ton image son corps et

son âme ton âme ton âme et ton nez

étonné je suis étonné nez de tes

cheveux ta chevelure en flammes ton âme

en flammes et en larmes comme les doigts de

tes pieds tes pieds sur ma poitrine

ma poitrine dans tes yeux tes yeux

dans la forêt la forêt liquide liquide

et en os les os de mes cris

j'écris et je crie de ma langue déchirante

je déchire tes bras tes bas

délirant je désire et déchire tes bras et tes bas

le bas et le haut de ton corps frissonnant

frissonnant et pur pur comme

l'orage comme l'orage de ton cou cou de

tes paupières les paupières de ton sang

ton sang caressant palpitant frissonnant

frissonnant et pur pur comme l'orange

orange de tes genoux de tes narines de

ton haleine de ton ventre je dis

ventre mais je pense à la nage

à la nage du nuage nuage du

secret le secret merveilleux merveilleux

comme toi-même

toi sur le toit somnambulique et nuage

nuage et diamant c'est un

diamant qui nage qui nage avec souplesse

tu nages souplement dans l'eau de la

matière de la matière de mon esprit

dans l'esprit de mon corps dans le corps

de mes rêves de mes rêves en action

 

 

 

 

INITIATION SPONTANÉE



le peigne tentaculaire

et

spectral

de mon nom tétragramme

peigne

la belle chevelure

terminologique

poussée

sur le corps de

Olga

 

 

de même que

la fameuse position

erotique

dénommée « le cheval»

peigne la chevelure du

néant

le peigne hypothétique

de mon signe nominal

peigne

la chevelure spectrale

de

Olga

 

 

il peigne il saigne

il chevauche

jour et nuit

la belle chevelure

télépathique

déchaînée

sur

le nom

fatal

sur le nom ovale

de

Olga

 

 

dans un corps-à-corps

télépathique

télépathique splendide

et

complémentaire

on peigne on saigne on chevauche

jour et nuit

le tête-à-tête antithétique

de

ces deux tétragrammes

spectraux

 

 

de même que

le fameux chevalier érotique

s'identifie

mythologiquement

à

son cheval

mon nom

télémétrique

Luca

s'identifie

physiologiquement

à

Olga

 

 

il s'identifie

à la splendide chevelure

homographe

de

Olga

dont le

g

spécifique

se dissout

tautologiquement

dans l'océan du vertige de l'éclair du cheval

calligraphique

de

mon

L

initial

initial primordial et triangulaire

comme une éruption synthèse

dans la fixité du néant

 

 

 

 

L'ÉCHO DU CORPS


prête-moi ta cervelle

cède-moi ton cerceau

ta cédille ta certitude

cette cerise cède-moi cette cerise

ou à peu près une autre

cerne-moi de tes cernes

précipite-toi

dans le centre de mon être

sois le cercle de ce centre

le triangle de ce cercle

la quadrature de mes ongles

sois ceci ou cela ou à peu près

un autre

mais suis-moi précède-moi

séduction


entre la nuit de ton nu et le jour de tes joues

entre la vie de ton visage et la pie de tes pieds

entre le temps de tes tempes et l'espace de ton esprit

entre la fronde de ton front et les pierres de tes paupières

entre le bas de tes bras et le haut de tes os

entre le do de ton dos et le la de ta langue

entre les raies de ta rétine et le riz de ton iris

entre le thé de ta tête et les verres de tes vertèbres

entre le vent de ton ventre et les nuages de ton nu

entre le nu de ta nuque et la vue de ta vulve

entre la scie de tes cils et le bois de tes doigts

entre le bout de tes doigts et le bout de ta bouche

entre le pois de tes poils et la poix de ta poitrine

entre le point de tes poings et la ligne de tes ligaments

entre les pôles de tes épaules et le sud-est de ta sueur

entre le cou de tes coudes et le coucou de ton cou

entre le nez de tes nerfs et les fées de tes fesses

entre l'air de ta chair et les lames de ton âme

entre l'eau de ta peau et le seau de tes os

entre la terre de tes artères et le feu de ton souffle

entre le seing de tes seins et les seins de tes mains

entre les villes de ta cheville et la nacelle de tes aisselles

entre la source de tes sourcils et le but de ton buste

entre le musc de tes muscles et le nard de tes narines

entre la muse de tes muscles et la méduse de ton médius

entre le manteau de ton menton et le tulle de ta rotule

entre le tain de ton talon et le ton de ton menton

entre l'oeil de ta taille et les dents de ton sang

entre la pulpe de ta pupille et la serre de tes cernes

entre les oreilles de tes orteils et le cervelet de ton cerveau

entre l'oreiller de tes oreilles et la taie de ta tête

entre le lévrier de tes lèvres et le poids de tes poignets

entre les frontières de ton front et le visa de ton visage

entre le pouls de tes poumons et le pouls de ton pouce

entre le lait de tes mollets et le pot de ta paume

entre les pommes de tes pommettes et le plat de tes omoplates

entre les plantes de tes plantes et le palais de ton palais

entre les roues de tes joues et les lombes de tes jambes

entre le moi de ta voix et la soie de tes doigts

entre le han de tes hanches et le halo de ton haleine

entre la haine de ton aine et les aines de tes veines

entre les cuisses de tes caresses et l'odeur de ton coeur

entre le génie de tes genoux et le nom du nombre

du nombril de ton ombre

 

 

 

 

HERMÉTIQUEMENT OUVERTE



l'amour le torrent le vide la chaise

la chaise vide

la chaise torrentielle et vide suspendue dans le métavide

la métachaise est suspendue à la corde torrentielle du métavide

la métacorde serre et absorbe le métacou torrentiel

de celui qui est suspendu par la corde au cou de la femme

au cou flou et flottant de sa métafemme

vide torrentielle et assise

la métafemme torrentielle est assise sur la chaise

assise sur le vide de sa chaise

elle métaflotte perpétuellement dans le métavide absolu

de mes désirs absolument torrentiels

absolument météorique et substantielle

la métatête de la métafemme substantielle et météorique

surgit comme une flèche

entre la métacuisse de mes rêves et la métadent de mes désirs

flèche mordante et rapide

qui s'appuie légèrement penchée

au dossier de la métachaise de mes rêves et désirs

toujours assise toujours imprévisible et absolument fulgurante

la métafemme flotte et métaflotte toujours dans le vide

sa petite métaflamme visible par transparence

brûlant à l'intérieur torrentiel de sa tête

tandis que tout près de l'incandescence de sa tête

un peu au-dessus de sa grande chevelure météorique

passe comme un nuage

nuage provenu de l'évaporation instantanée

de ses vastes torrents mentaux

la grande tortue métaphysique

la fameuse tortue de la métatorture éternelle

menaçant de sa lourdeur grise tortionnaire et métamétaphysique

le beau physique charnel de la métafemme

concrètement assise sur sa métachaise volante

volante flottante et assise à son tour

sur la chaise voluptueusement soutenue par les pieds de mes sens

par mes cinq sens par les mille griffes

et par les mille pattes de la métasensualité passionnée

tumultueusement surgie dans la métasueur

dans la métasubstance infinie de mes sens

absolument substantiels

les beaux yeux les beaux seins les belles fesses métaphysiques

de la métafemme absolument substantielle

substantielle torrentielle et météorique

transgressent l'au-delà tortionnaire

de la métaphysique sans physique

transgressent et annulent le grand rien métaphysique

car toujours assise sur la métachaise météorique

de mes désirs météoriques infinis et torrentiels

la métafemme ouvre la femme

elle ouvre et découvre sa chair translucide

ses entrailles transcendantes sa chevelure transmissible

éruptive dévorante et dormante

son coeur transpercé par les balles transparentes

de mes caresses en transe

sa douce métavulve

sa noire métabouche

la transplantation innocente de la fleur de sa bouche

dans les terres aériennes de mes cuisses

la transmigration de la bouche de son âme

vers les cuisses de mon haleine

les transferts insolites

les transfusions insondables

la transmutation gigantesque de tous les métamétaux amoureux

météoriques torrentiels métamétéoriques et substantiels

la transmutation gigantesque perpétuelle et triomphante

du lait maternel

en lave météorique en métavide substantiel

en sperme en sperme et en métasperme universel

en sperme du diamant en sperme de ton cceur

en sperme noir de la métaluxure absolue

absolument luxuriante et absolument absolue

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STAGE 25 et 26 OCTOBRE 2008  (STAGES (dates, lieux, programme)) posté le dimanche 07 septembre 2008 11:47

Dates, Lieu


25 ET 26 OCTOBRE 2008
DE 12H À 18H
 
 Villa Mais d'Ici
77 rue des Cités - 93300 Aubervilliers
M°Aubervilliers-Quatre Chemins (Ligne 7)
 
 
Au programme
 Pour ce  stage, nous travaillerons sur trois auteurs. A savoir :
 
- Tristan TZARA, Dada est Tatou, tout est Dada. En poche chez GF Flammarion.
L'un des fondateurs du fameux mouvement dont les idées ont largement été plagiées par le surréalisme.
 
 - Jack KEROUAC, Le livre des haïku, éditions La Table Ronde. 
Poète et romancier américain, l'un des fondateurs du mouvement Beat dans les années 50 aux côtés d'Allen Ginsberg et de William Burroughs.
 
- Gherasim LUCA, Héros-Limite. En poche chez Gallimard, collection nrf.
Après Tzara, un autre poète roumain.  Au travail sur la langue, roumaine ou française, avec ses effets de bégaiement, il faut ajouter la mise en scène de ses écrits et le travail de tout le corps que représentait pour lui la lecture publique de ses écrits.
 
IMPORTANT : il est fortement conseillé de venir avec des textes sus. Il s'agira de votre matière de travail...
 
Dans l'idéal, apprendre un texte de Tzara ou de Luca + un de Kerouac.

(conseil : apprenez sans ponctuation, et sans prendre en compte la structure de la phrase, du vers, de la strophe, etc... Ne cherchez pas à mettre la moindre intention) 
 
 
Vous trouverez facilement tous ses textes dans les bonnes librairies ou les bibliothèques.   Vous pourrez aussi vous reporter aux  rubriques de ce blog qui leurs sont consacrées (en construction, à venir très bientôt). Bien sûr, je n'ai pas tout recopié, donc si vous pouvez néanmoins vous procurer les livres, c'est mieux, et ça vous permettra d'avoir une vue plus large sur les recueils et sur les auteurs.
 
  
 
Autres recommandations

  • Apporter une tenue souple légère
  • Du désir, de la bonne humeur 
 
 
 
Renseignements /Inscriptions
Contactez-moi !
 
Fabrice Charbit
 
06 60 67 64 92
01 73 70 34 45
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atelier écriture poétique et théâtre-performance pour collèges et lycées  (DOSSIER SCOLAIRES) posté le dimanche 31 août 2008 11:03

 

 présente

 

Ver(s)tébral

UN ATELIER CONSACRE A LA POESIE


ECRITURE
LECTURE
CORPS
JEU
SCENE


une proposition de Fabrice Charbit, poète comédien performer
pour collégiens et lycéens

 


La poésie : caractères et enjeux


 

La poésie est avant tout une ouverture, l’espace de tous les possibles. Le rapport privilégié qu’elle entretient avec les images, les sons, les rythmes et bien d’autres choses encore, lui confèrent une position médiane, médiatrice : elle que l’on nomme, que l’on appelle en référence dès qu’une oeuvre d’art ou une manifestation du monde nous émeut.

 

Au sein du collège et du lycée, la poésie présente donc plusieurs avantages :

- elle est un lieu privilégié pour le développement de l’expression personnelle de l’élève, de sa créativité, de sa sensibilitéAu carrefour de l’écrit, de l’oral et de la scène elle  permet une démarche artistique totale, pluridisciplinaire.

 

elle aborde la langue, outil d’intégration sociale, de construction de l’identité, de formation par excellence. Mais elle le fait sur le mode du jeu, de la liberté, de la découverte, de l’exploration, et donne ainsi à l’individu la possibilité d’une véritable appropriation du langage.

 

- Lieu de l’intimité autant que lieu du dire, elle développe en même temps l’écoute de soi et de l’autre, met en valeur la personnalité de chacun dans un travail collectif.

En conséquence, ses possibilité d’intervention dans un établissement sont multiples : 

- Travail autour d’un auteur avec des professeurs de français ou de langue étrangère

- Réalisation d’une exposition ou d’un livre avec un professeur d’arts plastiques

- Réalisation d’un spectacle avec la possibilité de travailler avec des professeurs de musique et/ou d’arts plastiques (décors, costumes)

- Réalisation d’un support numérique avec un professeur d’informatique

- Travail autour d’un thème, d’un lieu, d’une mémoire, avec des professeurs d’histoire ou de sciences.

- toute autre proposition de l’intervenant ou des élèves.

 


Un atelier pour l’écrit et pour le dire
pour le dire et pour le jouer
 


 

Notre atelier cherche à développer chez l’élève l’écoute de ses sensations,  à lui donner un accès à lui-même autant par l’écriture que par le travail du corps et de la voix, enfin par la conscience de l’espace.


L’atelier travaille donc dans différentes directions :

- lectures à haute voix,
- moments d’improvisation corporelle et vocale
- exercices d’imagination
- tentatives de mise en espace


Des allées et venues permanentes entre ces différents éléments alimentent l’écriture :
premiers jets, écriture spontanée, compte-rendu d’impressions issues de ses expériences dans le cadre de l’atelier ou d’observations d’éléments extérieurs : visites, promenades, iconographie, musiques...

Au cours de ce processus, chacun élabore une petite forme autour de ses écrits. Selon les possibilités offertes par les élèves et à l’écoute de leur désir, plusieurs textes peuvent se croiser, un chœur peut se former, jusqu’à l’élaboration d’un spectacle complet. Un travail qui  qui pourra encore être enrichi par une exposition ou l’édition d’un livre : l’essentiel est d’aboutir à une réalisation qui mette en valeur le travail collectif.

 

 


Déroulement d’une séance de travail 



Premier temps : discussion
Amener les élèves à échanger et à s’interroger : qu’est-ce que la poésie ? Ce qui la différencie des autres genres littéraires ? Les moyens qu’elle utilise ?  On insiste sur l’image, la musicalité, les sensations, les émotions.  On évoque en passant  vers, rime, vers libre, vers libéré, prose poétique pour ouvrir au maximum notre propos et se débarrasser du problème de la forme : la poésie n’obéit plus forcément à ces codes.

 

Deuxième temps : premier jet
Les participants sont alors invités à effectuer un premier jet d’écriture sans autre contrainte qu’un temps limité à 5 ou 10 minutes.  Pas le temps de réfléchir, il s’agit d’être spontané. Le texte produit, nécessairement court,  constituera un premier matériau réutilisable dans les différentes phases du travail.

 

Troisième temps : lecture
Un temps de lecture à haute voix de son propre texte puis de celui des autres. C’est un premier échange.

 

Quatrième temps : mémorisation
Quelques minutes sont laissées aux élèves pour qu’ils apprennent par cœur leur texte ou celui d’un autre élève.

 

Cinquième temps : travail corporel
Canaliser l’énergie, prendre conscience de l’espace, du partenaire, du groupe : mobilité, présence, écoute… 

 

Sixième temps : inviter le texte dans le corps
Il s’agit de stimuler l’imaginaire, de se libérer du sens, de la psychologie, d’être en relation physique avec les mots en explorant matières, animalité, déformations, expérimentations physiques et vocales. 

 

Au fur et à mesure de ces expériences, de nouveaux écrits sont produits, plus élaborés, plus proches de soi-même et de l’expérience concrète du corps.

Un corpus suffisant de textes et de scénettes pourra alors être utilisé pour inventer un spectacle, une exposition, un livre… Un travail qui nécessitera l’engagement et la solidarité de tout le groupe pour créer un ensemble cohérent.


Contact


Association Henokia - atelier Ve(s)tébral
Fabrice Charbit
henokia@neuf.fr

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