Ghérasim LUCA, "Héros-limite" (Extraits)  (Ghérasim LUCA) posté le jeudi 11 septembre 2008 16:41

 

 

 

MA DÉRAISON D'ÊTRE



le désespoir a trois paires de jambes

le désespoir a quatre paires de jambes

quatre paires de jambes aériennes volcaniques absorbantes symétriques

il a cinq paires de jambes cinq paires symétriques

ou six paires de jambes aériennes volcaniques

sept paires de jambes volcaniques

le désespoir a sept et huit paires de jambes volcaniques

huit paires de jambes huit paires de chaussettes

huit fourchettes aériennes absorbées par les jambes

il a neuf fourchettes symétriques à ses neuf paires de jambes

dix paires de jambes absorbées par ses jambes

c'est-à-dire onze paires de jambes absorbantes volcaniques

le désespoir a douze paires de jambes douze paires de jambes

il a treize paires de jambes

le désespoir a quatorze paires de jambes aériennes volcaniques

quinze quinze paires de jambes

le désespoir a seize paires de jambes seize paires de jambes

le désespoir a dix-sept paires de jambes absorbées par les jambes

dix-huit paires de jambes et dix-huit paires de chaussettes

il a dix-huit paires de chaussettes dans les fourchettes de ses jambes

c'est-à-dire dix-neuf paires de jambes

le désespoir a vingt paires de jambes

le désespoir a trente paires de jambes

le désespoir n'a pas de paires de jambes

mais absolument pas de paires de jambes

absolument pas absolument pas de jambes

mais absolument pas de jambes

absolument trois jambes

 

 

 

 

LE RÊVE EN ACTION



la beauté de ton sourire ton sourire

en cristaux les cristaux de velours

le velours de ta voix ta voix et

ton silence ton silence absorbant

absorbant comme la neige la neige

chaude et lente lente est

ta démarche ta démarche diagonale

diagonale soif soir soie et flottante

flottante comme les plaintes les plantes

sont dans ta peau ta peau les

décoiffe elle décoiffe ton parfum

ton parfum est dans ma bouche ta bouche

est une cuisse une cuisse qui s'envole

elle s'envole vers mes dents mes dents

te dévorent je dévore ton absence

ton absence est une cuisse cuisse ou

soulier soulier que j'embrasse

j'embrasse ce soulier je l'embrasse sur

ta bouche car ta bouche est une bouche

elle n'est pas un soulier miroir que j'embrasse

de même que tes jambes de même que

tes jambes de même que tes jambes de

même que tes jambes tes jambes

jambes du soupir soupir

du vertige vertige de ton visage

j'enjambe ton image comme on enjambe

une fenêtre fenêtre de ton être et de

tes mirages ton image son corps et

son âme ton âme ton âme et ton nez

étonné je suis étonné nez de tes

cheveux ta chevelure en flammes ton âme

en flammes et en larmes comme les doigts de

tes pieds tes pieds sur ma poitrine

ma poitrine dans tes yeux tes yeux

dans la forêt la forêt liquide liquide

et en os les os de mes cris

j'écris et je crie de ma langue déchirante

je déchire tes bras tes bas

délirant je désire et déchire tes bras et tes bas

le bas et le haut de ton corps frissonnant

frissonnant et pur pur comme

l'orage comme l'orage de ton cou cou de

tes paupières les paupières de ton sang

ton sang caressant palpitant frissonnant

frissonnant et pur pur comme l'orange

orange de tes genoux de tes narines de

ton haleine de ton ventre je dis

ventre mais je pense à la nage

à la nage du nuage nuage du

secret le secret merveilleux merveilleux

comme toi-même

toi sur le toit somnambulique et nuage

nuage et diamant c'est un

diamant qui nage qui nage avec souplesse

tu nages souplement dans l'eau de la

matière de la matière de mon esprit

dans l'esprit de mon corps dans le corps

de mes rêves de mes rêves en action

 

 

 

 

INITIATION SPONTANÉE



le peigne tentaculaire

et

spectral

de mon nom tétragramme

peigne

la belle chevelure

terminologique

poussée

sur le corps de

Olga

 

 

de même que

la fameuse position

erotique

dénommée « le cheval»

peigne la chevelure du

néant

le peigne hypothétique

de mon signe nominal

peigne

la chevelure spectrale

de

Olga

 

 

il peigne il saigne

il chevauche

jour et nuit

la belle chevelure

télépathique

déchaînée

sur

le nom

fatal

sur le nom ovale

de

Olga

 

 

dans un corps-à-corps

télépathique

télépathique splendide

et

complémentaire

on peigne on saigne on chevauche

jour et nuit

le tête-à-tête antithétique

de

ces deux tétragrammes

spectraux

 

 

de même que

le fameux chevalier érotique

s'identifie

mythologiquement

à

son cheval

mon nom

télémétrique

Luca

s'identifie

physiologiquement

à

Olga

 

 

il s'identifie

à la splendide chevelure

homographe

de

Olga

dont le

g

spécifique

se dissout

tautologiquement

dans l'océan du vertige de l'éclair du cheval

calligraphique

de

mon

L

initial

initial primordial et triangulaire

comme une éruption synthèse

dans la fixité du néant

 

 

 

 

L'ÉCHO DU CORPS


prête-moi ta cervelle

cède-moi ton cerceau

ta cédille ta certitude

cette cerise cède-moi cette cerise

ou à peu près une autre

cerne-moi de tes cernes

précipite-toi

dans le centre de mon être

sois le cercle de ce centre

le triangle de ce cercle

la quadrature de mes ongles

sois ceci ou cela ou à peu près

un autre

mais suis-moi précède-moi

séduction


entre la nuit de ton nu et le jour de tes joues

entre la vie de ton visage et la pie de tes pieds

entre le temps de tes tempes et l'espace de ton esprit

entre la fronde de ton front et les pierres de tes paupières

entre le bas de tes bras et le haut de tes os

entre le do de ton dos et le la de ta langue

entre les raies de ta rétine et le riz de ton iris

entre le thé de ta tête et les verres de tes vertèbres

entre le vent de ton ventre et les nuages de ton nu

entre le nu de ta nuque et la vue de ta vulve

entre la scie de tes cils et le bois de tes doigts

entre le bout de tes doigts et le bout de ta bouche

entre le pois de tes poils et la poix de ta poitrine

entre le point de tes poings et la ligne de tes ligaments

entre les pôles de tes épaules et le sud-est de ta sueur

entre le cou de tes coudes et le coucou de ton cou

entre le nez de tes nerfs et les fées de tes fesses

entre l'air de ta chair et les lames de ton âme

entre l'eau de ta peau et le seau de tes os

entre la terre de tes artères et le feu de ton souffle

entre le seing de tes seins et les seins de tes mains

entre les villes de ta cheville et la nacelle de tes aisselles

entre la source de tes sourcils et le but de ton buste

entre le musc de tes muscles et le nard de tes narines

entre la muse de tes muscles et la méduse de ton médius

entre le manteau de ton menton et le tulle de ta rotule

entre le tain de ton talon et le ton de ton menton

entre l'oeil de ta taille et les dents de ton sang

entre la pulpe de ta pupille et la serre de tes cernes

entre les oreilles de tes orteils et le cervelet de ton cerveau

entre l'oreiller de tes oreilles et la taie de ta tête

entre le lévrier de tes lèvres et le poids de tes poignets

entre les frontières de ton front et le visa de ton visage

entre le pouls de tes poumons et le pouls de ton pouce

entre le lait de tes mollets et le pot de ta paume

entre les pommes de tes pommettes et le plat de tes omoplates

entre les plantes de tes plantes et le palais de ton palais

entre les roues de tes joues et les lombes de tes jambes

entre le moi de ta voix et la soie de tes doigts

entre le han de tes hanches et le halo de ton haleine

entre la haine de ton aine et les aines de tes veines

entre les cuisses de tes caresses et l'odeur de ton coeur

entre le génie de tes genoux et le nom du nombre

du nombril de ton ombre

 

 

 

 

HERMÉTIQUEMENT OUVERTE



l'amour le torrent le vide la chaise

la chaise vide

la chaise torrentielle et vide suspendue dans le métavide

la métachaise est suspendue à la corde torrentielle du métavide

la métacorde serre et absorbe le métacou torrentiel

de celui qui est suspendu par la corde au cou de la femme

au cou flou et flottant de sa métafemme

vide torrentielle et assise

la métafemme torrentielle est assise sur la chaise

assise sur le vide de sa chaise

elle métaflotte perpétuellement dans le métavide absolu

de mes désirs absolument torrentiels

absolument météorique et substantielle

la métatête de la métafemme substantielle et météorique

surgit comme une flèche

entre la métacuisse de mes rêves et la métadent de mes désirs

flèche mordante et rapide

qui s'appuie légèrement penchée

au dossier de la métachaise de mes rêves et désirs

toujours assise toujours imprévisible et absolument fulgurante

la métafemme flotte et métaflotte toujours dans le vide

sa petite métaflamme visible par transparence

brûlant à l'intérieur torrentiel de sa tête

tandis que tout près de l'incandescence de sa tête

un peu au-dessus de sa grande chevelure météorique

passe comme un nuage

nuage provenu de l'évaporation instantanée

de ses vastes torrents mentaux

la grande tortue métaphysique

la fameuse tortue de la métatorture éternelle

menaçant de sa lourdeur grise tortionnaire et métamétaphysique

le beau physique charnel de la métafemme

concrètement assise sur sa métachaise volante

volante flottante et assise à son tour

sur la chaise voluptueusement soutenue par les pieds de mes sens

par mes cinq sens par les mille griffes

et par les mille pattes de la métasensualité passionnée

tumultueusement surgie dans la métasueur

dans la métasubstance infinie de mes sens

absolument substantiels

les beaux yeux les beaux seins les belles fesses métaphysiques

de la métafemme absolument substantielle

substantielle torrentielle et météorique

transgressent l'au-delà tortionnaire

de la métaphysique sans physique

transgressent et annulent le grand rien métaphysique

car toujours assise sur la métachaise météorique

de mes désirs météoriques infinis et torrentiels

la métafemme ouvre la femme

elle ouvre et découvre sa chair translucide

ses entrailles transcendantes sa chevelure transmissible

éruptive dévorante et dormante

son coeur transpercé par les balles transparentes

de mes caresses en transe

sa douce métavulve

sa noire métabouche

la transplantation innocente de la fleur de sa bouche

dans les terres aériennes de mes cuisses

la transmigration de la bouche de son âme

vers les cuisses de mon haleine

les transferts insolites

les transfusions insondables

la transmutation gigantesque de tous les métamétaux amoureux

météoriques torrentiels métamétéoriques et substantiels

la transmutation gigantesque perpétuelle et triomphante

du lait maternel

en lave météorique en métavide substantiel

en sperme en sperme et en métasperme universel

en sperme du diamant en sperme de ton cceur

en sperme noir de la métaluxure absolue

absolument luxuriante et absolument absolue

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2 commentaire(s)

  • Théo Breton

    mar 08 nov 2011 19:17

    C'est vrai que c'est sympa.

  • brigitte guillaumet mailto

    lun 06 oct 2008 14:48

    j''aime beaucoup ces textes.


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